School of Movement Medicine - Mindfulness in Motion
 

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Issue: January 2010
MA LANGUE MATERNELLE

By Therond

(English translation below)

Je me sens très privilégié d’être le premier à écrire ici dans une autre langue que l’anglais. Et cela pour plusieurs raisons. 

La première c’est qu’alors qu’on parle beaucoup d’écologie, de violation de la nature et d’extinction de certaines races d’animaux, nous – en tant qu’être humains – connaissons également, peut être sans le savoir, l’extinction de beaucoup de cultures humaines et donc aussi de langues.


Dans son superbe film « Wo die grünen Ameisen träumen », (Le Pays où rêvent les fourmis vertes ) -film que je recommande à tous - Werner Herzog met en scène une superbe situation où, dans leur combat contre l’autorité en place, les Aborigènes viennent exprimer à la cour Australienne leurs doléances. Un homme vient à la barre et parle dans son dialecte ; dialecte incompréhensible à la cour. Le juge s’étonne que l’homme parle car il est dit dans le rapport que l’homme est muet. Un autre aborigène intervient à ce moment là pour expliquer que l’homme en question est appelé « le muet » car personne chez les Aborigènes ne comprends son dialecte : tous ceux de sa tribu ayant disparu, il est le dernier survivant de sa tribu et donc le seul au monde à parler sa langue…A travers cet exemple, je défends donc ma culture, ma langue et mes racines : oh, ces racines ! si vitale pour me/nous maintenir en vie et me/nous permettre d’accéder à ma/notre profondeur…

 

La seconde est surement une sorte de joie d’être le premier. Moins tant par fierté que plutôt pour montrer une voie. J’aime particulièrement la vie lorsqu’elle me fait des cadeaux, comme, par exemple, être traversé par une bonne idée. Mais je l’aime encore plus lorsque cette idée peut servir à d’autres, et encore plus, si elle peut en inspirer d’autres à faire de même ! J’adorerai que la Movement Medicine newsletter puisse accueillir vos lettres dans vos langues : quelles soient croates, finlandaises ou portugaises. Pourquoi ? car je saurai que d’autres personnes dans vos pays respectifs auront ainsi la joie d’avoir accès à la Movement Medicine même s’il ne parle pas l’Anglais.

 

J’ai l’énorme privilège d’être celui qui a été choisi pour, dorénavant, organiser les stages de la Movement Medicine en France dont le premier sera « return to the light » avec Ya’acov à Paris du 26 au 28 Février ( voir http://schoolofmovementmedicine.com/return-of-light.php ). Je me suis demandé ce que je pouvais apporter de plus dans cette organisation déjà très bien orchestrée par mes prédécesseurs. J’ai médité et, comme toujours, l’intelligence universelle est venue me souffler à l’oreille une réponse différente de celle de mon mental…Cette réponse a été de rendre la Movement Medicine encore plus accessible aux francophones ne parlant pas l’Anglais.

 

Cette lettre n’est bien évidemment pas un combat contre l’Anglais mais plus une manière de refléter ce que j’apprends à la Movement Medicine : écouter ce mouvement en moi, dialoguer avec, être en lien, sentir mon corps, le laisser s’exprimer etc... Que vient faire cette histoire de langue ? me diriez vous. Simple : à force d’observation j’ai identifié que, chez moi, cela passe beaucoup par savoir exprimer justement ce que j’ai entendu. Exprimer en moi, à moi, aux autres, à toutes mes relations. Même si le dialogue avec le corps peut se passer de mots, exprimer justement dans ma langue maternelle ce que je ressens peut avoir une résonnance très forte dans mon corps. Un seul mot de ma langue maternelle exprimé au bon moment peut ouvrir tout un tas de portes de prisons mentales et/ou faire apparaître de nouveaux mondes. Ce n’est pas par hasard, après tout, que la langue maternelle soit appelée langue « maternelle »…  

J’honore Ya’acov et Susannah d’avoir toujours voulu et su défendre les langues de chacun, notamment lors de leurs ateliers où, non seulement ils écoutent la vie qui les habitent pour nous la retranscrire mais, aussi, où ils prennent soin aussi à écouter leurs traducteurs pour s’assurer que ce qui est dit retranscrit bien ce qu’ils ont exprimé. Ils prennent particulièrement soin aussi de nous laisser nous exprimer dans nos langues maternelles en essayant de nous comprendre à partir de nos cultures. Et ça, c’est précieux…

 

Traduire cette lettre en Anglais n’était pas du travail mais de la vraie magie…

Je vous souhaite un bel hiver lent et méditatif en espérant vous voir à Paris à la fin de celui-ci.

 

Pierre-Henri

Déc 2009, Paris  pierre-henri@gracefully.fr

 

MY MOTHER TONGUE

I feel really priviledge to be the first to write in the Movement Medicine newsletter in another language than English ( see the french letter ; this English version you are reading now is the translation of the french one ). And this for 2 reasons.

 

The first one is that, while there are a lot of talks going on about ecology, the violation of nature and the disapearance of certain animal races, we – as human beings – experience too, maybe without knowing it, the extinction of many human cultures and, therefore, languages. In his superb movie, « Wo die grünen Ameisen träumen »( Where the Green Ants Dream ) – movie that I strongly recommand – Werner Herzog set up a beautiful scene where, in their fight against the power in place, the Aborigines come to the Australian court of justice with their complaints. In that particular scene, an aborigine comes in front of the judge and speaks in his own dialect ; dialect that no one from the court can understand. The judge doesn’t not understand why that man can even talk since it’s written on the police report that the man his deaf. At that moment another aborigine stands up and explains that the first man is called « the deaf » because no one amongst the Aborigines themselves can understand what he says : all the people of his tribe being dead, he is the ultimate survivor and the only one on earth to speak his language…Thru that exemple I point out the importance to protect all human cultures, languages and roots : Oh, these roots ! So vital to maintain life and to enable us/me to access our depth…

 

The second reason is surely the joy to be the first to write here in another language than English. Not so much because of pride but more to show a path. I love life specially when it offers me gifts, such as, for exemple, to recieve a good idea. But I love it even more when this idea can help others, and even more, when it can inspire others to do the same ! I would love that the Movement Medecine newsletter could welcome your letters in your own languages : wheather it’s in croatian, finish or portuguese. Why ? Because I will know that other people in your countries would have the pleasure to have access to the Movement Medecine even if they don’t speak English.

 

I have the huge priviledge to have been chosen to organise, from now on, the Movement Medecine workshop in France ; the first one being « return to the light » with Ya’acov in Paris from February 26 to 28 ( see http://schoolofmovementmedicine.com/return-of-light.php ). I did ask myself what more can I bring in this already very well orchestrated organistation by my predecessor ? I medidated on this and, as usual,  the universal intelligence came with a very different answer than the one from my own mind…The answer was to make the Movement Medecine even more accessible to french people that don’t speak English.

 

This letter is everything but a letter against the English language, but more a way to reflect what I learn in the Movement Medicine : to listen to the movement inside me, to dialogue with, to be related to, to feel my body, to let it express itself, etc…So, what has this language thing to do with this ? you’ll ask. Simple : thru observation, I have identify that, in me, it is a lot about being abble to express what I heard. Express it to me, at me, to the others, to all my relations. Even if the dialogue with the body can do without words, to express rigthly in my mother toungue what I feel can have a trumendeous resonance in my body. A single word out of my mother toungue expressed at the right time can open an all set of mental jail doors and/or make appear new worlds. It is not by coïncidence, after all, that a mother toungue is called a « mother » tongue…

 

I honor Susannah and Ya’acov to have always wanted to defend each one’s language, specially in their workshop where not only do they listen what’s going on in them to tell us about it, but also they make sure to listen to the translators to insure that  what is being translated reflects what they expressed. They, also, make sure to let us express ourselves in our mother toungues,  by trying to understand us from the point of vue of our own cultures. And that, is precious…

 

Translating this letter from french to English was not work, it was magic…

 

I wish you a superb slow motion and inwardy winter and hopefully see you in Paris at the end of the winter

 

Pierre-Henri

Dec 2009, Paris  pierre-henri@gracefully.fr

 

 

 

 

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